J'écoute : du baroque
Je regarde : c'est le moins qu'on puisse dire !
Je lis : ouais, pas mal
Je joue : ouais, aussi, mais pas avec les sentiments (du moins pas les miens)
Je mange : Trop......
Je bois : Tout ce qui me tombe sous la main
Je cite : "Faites semblant de croire et bientôt vous croirez" (Pascal)
(mis à jour mercredi 20 février 2008 à 20:54)

10/02/2005

10/02/05 - 13:55

Grosse fatigue


Dans le Télérama de cette semaine, une belle intervention d’Alain Ehrenberg (auteur de La Fatigue de soi, éd. Odile Jacob, à lire absolument !), au sujet des symptômes de « fatigue » qui frappent une part grandissante de la population :

« On ne doit pas isoler la fatigue mais l'insérer dans une famille de pathologies. Un nouveau jardin des espèces a en effet été planté dans nos sociétés depuis une trentaine d'années : dépression, stress, traumatismes, troubles obsessionnels compulsifs, crises de panique, addictions en tout genre, anxiété généralisée, impulsions suicidaires et violentes, conduites à risques, psychopathies, harcèlement moral, etc.
Un nouveau langage s'est imposé, celui de la vulnérabilité individuelle : il est comme une boîte à outils permettant de formuler de multiples tensions, dans une société qui se réfère désormais de plus en plus à l'autonomie, c'est-à-dire à l'initiative individuelle généralisée et à la réalisation totale de soi. Il y a là un changement dans la hiérarchie des valeurs et des normes. Les normes sociales qui favorisaient des automatismes de comportements ou d'attitudes ont décliné au profit de normes incitant à la décision personnelle, qu'il s'agisse de recherche d'emploi, de vie de couple, d'éducation, de manières de travailler, de se conserver en bonne santé ou... d'être malade.
La règle d’autonomie, à travers ses deux facettes de la libération des moeurs et de la libération de l'action, a élargi les frontières de soi. En conséquence, le nombre d'actions que vous pouvez, mais aussi que vous devez considérer comme vôtres est sans commune mesure avec celui qu'exigent des sociétés qui placent au sommet de leurs valeurs la discipline. A mesure que l'exigence d'autonomie imprègne l'ensemble de la vie sociale, la tendance à ce que chacun soit responsable de tout s'affirme avec l'autorité d'une règle, et cela quelle que soit la place que l'on occupe dans la hiérarchie sociale.
La question de l'action s'étant substituée à celle de l'obéissance, il convient d'obtenir une confiance en soi, ou une estime de soi, sans laquelle on ne peut agir. Dans l'estime de soi est en jeu la valeur qu'on vous accorde ou que vous vous accordez. Dans Deuil et mélancolie , Freud définissait d'ailleurs la mélancolie comme « un délire de petitesse ». On est là au coeur de a dépression contemporaine »



Si je peux me permettre d'ajouter mon grain de sel sel, et puisqu'on parle beaucoup de politique, en ce moment, sur GA, j'aurai tendance à réinterpréter cette vision des choses sur le plan politique.
L'individu occidental est aujourd'hui acculé à une sorte de schizophrénie: car cette toute puissance "nietzschéenne" qu'on exige de lui dans l'intimité, dans son "projet de vie", on la lui dénie absolument sur le plan social. Sommés d'être, à la fois, les inventeurs tout puissants de nous-mêmes mais, aussi, des citoyens réduits à l'impuissance, écartelés par cette dichotomie, nous retournons contre nous-mêmes l'énergie vitale qu'on nous enjoint de produire.
Il n'est donc pas étonnant que la "lassitude" dont parle Ehrenberg ait aussi des effets paradoxaux du type hyper-activité, insomnies, maniaco-dépression...



commentaires

10/02/05 - 13:57

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 13:58

"maniaco-dépression..." << maladie "génétique", pas grand chose à voir avec l'environnement.

10/02/05 - 13:59

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 14:09

Alors, là, ça reste à prouver, LiZa! Il fut un temps où l'homosexualité aussi était considérée comme une "maladie génétique". N'essaie pas de te rassurer...

10/02/05 - 14:15

Pose la question à ton psy, s'il est honnête avec toi, il te le confirmera, c'est une maladie curable, mais on guérissable.

10/02/05 - 14:15

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 14:16

http://...
Lis, ignare.

10/02/05 - 14:16

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 14:21

non*

10/02/05 - 14:21

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 14:23

Ca craint, ces huhuhu.
Sinon, je me disais, dans d'autres articles tout aussi intéressants, on parle d'infantilisme et de déresponsabilisation généralisées. C'est contradictoire ou ça fait comme des vases trucs ?

10/02/05 - 14:36

Huhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhuhu !

10/02/05 - 15:20

Je ne vois pas la contradiction, Snoop: l'infantilisme est une fuite devant l'obligation qui nous est faite de nous réinventer ss cesse sans pouvoir réinventer le monde.
Quant à toi, LiZa, considérer que la génétique est indépendante de l'environnement, c'est tt simplement retarder de deux siècles: entendu parler de Darwin? Sinon, lis Cyrulnik...
(PS: je n'ai pas de psy..)

10/02/05 - 17:05

Clique sur le lien au lieu de déblatérer des âneries...

10/02/05 - 18:00

c'est une manie décidémment de vouloir trouver chaque année LA dépression contemporaine. A croire que cela remplace voici et voila dans les milieux intellos.

10/02/05 - 18:04

Ah non pas Darwin !! théorie confortant l'égotisme inné chez l'homme, lui donnant ses lettres de noblesses et lui donnant enfin une auto-satisfaction.

Le mal de notre siècle c'est l'individualisme. La dépression en est la conséquence. Si chacun pensait moins à son nombril il y aurait sans doutes moins de "fatigues" et "d'insomnies".

11/02/05 - 01:13

mon cher Tao, je doute fort que les Anglais du milieu du XIX° aient partagé votre opinion sur un Darwin "confortant l'égotisme inné chez l'homme, lui donnant ses lettres de noblesses et lui donnant enfin une auto-satisfaction" - bien au contraire!!
Je voulais simplemt rappeler à LiZa, qui semble l'ignorer, que les lois de la génétique ne sont pas intangibles, mais soumises à l'évolution et donc à l'environnement (ressemblons-nous aux hommes des cavernes? Avons-nous le smêmes pathologies?...)

11/02/05 - 19:55

Le Darwinisme ne prend pas uniquement en compte "l'évolution" mais aussi le "concept du roi de la jungle = lefort mange le faible = mieux vaut savoir piétinner qu'apprendre à marcher = l'homme est un loup pour l'homme.

11/02/05 - 20:09

le fort*
piétiner*

12/02/05 - 13:38

Bourré de lexomil, j'ai bien dormi cette nuit ! Je suis prêt à faire chier tous mes neu² :°)

12/02/05 - 19:03

ça tombe bien, LiZa: bourré de chocolat, je suis constipé aujourd'hui....

11/08/05 - 16:14

« ressemblons-nous aux hommes des cavernes? Avons-nous les mêmes pathologies? » Potentiellement oui, nous ne sommes pas bien différents génétiquement, les écartèlements et les pressions psychologiques de la vie moderne ne font que révéler les fragilités d’un animal pensant dans un groupe devenu sans visage, les révélateurs sont environnementaux. L’humanité dépassée par son propre nombre et son progrès reconstitue comme une jungle séculaire mais de secteur tertiaire. il suffit d'en voir les effets chez certains commentateurs...

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.