J'écoute : du baroque
Je regarde : c'est le moins qu'on puisse dire !
Je lis : ouais, pas mal
Je joue : ouais, aussi, mais pas avec les sentiments (du moins pas les miens)
Je mange : Trop......
Je bois : Tout ce qui me tombe sous la main
Je cite : "Faites semblant de croire et bientôt vous croirez" (Pascal)
(mis à jour mercredi 20 février 2008 à 20:54)

24/07/2006

24/07/06 - 20:16


Sale gosse



Parfois, Kitsune me reproche de me réfugier dans ce qu’il appelle un sentiment de “toute puissance”. Vous savez, l’attitude de ces gosses qui estiment que tout leur est dû, qu’ils n’ont pas d’effort à faire ou de patience à avoir, qui multiplient les sautes d’humeur et n’acceptent aucune frustration.

Je me comporte peut-être comme ça parce qu’à l’exception des six premières années de ma vie, durant lesquelles j’étais fils unique, mes parents, plutôt stricts, ne m’ont pas passé grand-chose. C’est une revanche.
Ou alors, peut-être parce qu’après avoir à peu près tout réussi durant ma scolarité et mes études, les baffes que j’ai reçues ensuite m’ont donné l’envie de me rebeller, de ne plus faire confiance au « système », à l’équation bonne volonté = satisfaction.

Peu importe.
Contrairement à ce que véhicule l’opinion publique, je ne crois pas qu’identifier les causes d’un problème suffise à le résoudre.

Je ne me comporte d’ailleurs ainsi que dans l’intimité, avec mes proches. Le reste du temps, Kitsune lui-même en convient, je suis plutôt affable, diplomate, mondain ; je sais faire la conversation à un emmerdeur, sourire à un commerçant revêche, feindre l’intérêt pour les malheurs d’autrui. Simplement par indifférence – ça ne me coûte rien, dans ces cas-là, de jouer.
Mais dans l’intimité, hors de question ! Mon seuil de tolérance à l’égard des contrariétés, de l’ennui, de la souffrance, de l’attente, des à-peu-près tombe drastiquement bas. My life, my rules.

Le monde ne tourne pas comme je le rêvais. Au sein de la vie sociale, je suis bien obligé de faire semblant de trouver naturelle la façon idiote qu’il a de tourner. Je joue le jeu, minaude, mets mon masque, mime la vie des gens dans cette minime partie de ma propre vie.
Mais lorsque je quitte la pièce pour rentrer dans mon univers, ma réalité, LA réalité, je ne souffre plus aucun faux-semblant.

Les priorités des gens ne sont pas les miennes ; leurs besoins, leur rythme, leurs aspirations, leurs sentiments, surtout, tout ça, je l’ai consciencieusement appris, mais je ne m’y reconnais pas. Je peux feindre de l’éprouver, mais ça me fatigue vite. Le fait d’assumer mon homosexualité (et, aussi, de perdre mon boulot) a entrouvert la porte : je me rends compte que jouer le jeu et donner la papatte ne m’a rien apporté ; que cesser de donner l’une et de jouer l’autre ne m’a rien enlevé.

Aussi, de plus en plus souvent, j’accepte de ne pas aimer comme les autres, de ne pas désirer comme eux, travailler comme eux, espérer, vouloir, craindre, attendre, accepter comme eux. Je renonce à leur ressembler.
Mais, quand on ne se trouve plus de ressemblance avec autrui, est-on condamné à rester seul ?


21/07/2006

02/07/2006

02/07/06 - 14:59




D’hier, certains retiendront le foot



Pas moi !