27/02/2008Une vie plus vite
Parfois (souvent), je bouffe à toute vitesse, pour m’en débarrasser.
Parfois (presque toujours), je bosse à toute vitesse, pour m’en débarrasser.
Parfois, je lis à toute vitesse, je saute même à la fin du livre, pour m’en débarrasser.
Parfois, je regarde un film à toute vitesse, pour m’en débarrasser (surtout les films X).
Parfois, je parle, je téléphone, je communique à toute vitesse, pour m’en débarrasser.
Parfois, je baise à toute vitesse (bon, ça, c’est plus rare : pas le « à toute vitesse », mais le « je baise »), pour m’en débarrasser.
Parfois, je me lave, me peigne, m’habille, fais mes courses, mon courrier, mes cadeaux, mes comptes, ma paperasse, mes tchats internet, à toute vitesse, pour m’en débarrasser.
Je me demande, parfois, si je ne vis pas ma vie à toute vitesse pour m’en débarrasser.
22/02/2008Connivence et naïvetéDans le domaine de la représentation, les années 2000 se placent, me semble-t-il, sous l’égide de la nouvelle naïveté et de la connivence.
Par représentation, j’entends un certain art de faire des films et des livres aussi bien que de faire de la politique ou des spots publicitaires.
Ce qui m’inspire ce long post (que personne ne lira) c’est le dernier film de Klapisch, Paris.
Bon, je sais qu’il est mal venu de citer Télérama ici mais, comme souvent, je suis à la fois d’accord et pas d’accord avec leur critique du film – et ça tombe bien, parce qu’il y a un avis « pour » et un avis "contre". Je suis d’accord avec les deux, mais je ne suis ni pour, ni contre.
J’ai adoré le film, y ai pris beaucoup de plaisir, j’y suis à nouveau tombé amoureux de Juliette Binoche (pour la 1000° fois, depuis Bleu) – et, en même temps, j’ai détesté tout un tas de dialogues, de clins d’œil, de grosses ficelles, de coups de coude complices, de moments du scénario, des personnages (évidemment, Klapisch a dû prévoir qu’on exécrerait autant la boulangère qu’on idolâtrerait Karin Viard, qui la joue).
J’ai été à la fois complice et critique, et c’est à la fois le critique et le complice que visait Klapisch.
Pour quelqu’un de ma génération - on n’est pas si nombreux, ici, disons ceux nés entre 1960 et 1970 - cette tendance représentative d’aujourd’hui est déstabilisante. Nous sommes de la génération Barthes et Godard, vous savez : nous avons appris à déconstruire les mythologies, à lever un sourcil hautain devant les films qui « racontent des choses », les livre « avec une histoire », les politiques qui « se la jouent peuple », les peintres abstraits qui font de l’abstrait, les philosophes qui « pensent », les symboles qui signifient, les dialogues qui parlent, les psychologies cohérentes, les visites guidées ; nous sommes la génération post-Sarraute, qui a entériné la mort du roman, le passage de la nouvelle vague et la naissance des partis centristes.
Pour les gens de notre génération, ceux qui ont enterré le second millénaire de l’humanité en même temps que leur tardive adolescence, la naïveté, c’est le caca, la bien-pensance, c’est la merde, l’évidence, c’est de la bouse.
Personne ne nous arrachera un « je t’aime », on sait que « le sexe, c’est sain», que Freud, c’est intéressant mais dépassé, que la politique est un jeu de dupes, que l’identité ça n’existe pas, que l’identité sexuelle encore moins, que l’art est dans la vie et que le dit dissimule toujours la vérité.
On sait tout, on a tout vécu, tout démystifié.
Du coup, on est fort déstabilisé quand quelqu’un comme Houellebecq nous caresse d’abord dans le sens du poil, en multipliant les assertions cyniques, puis clôt ses romans sur une ode décomplexée à l’enfantement. Quand une Virginie Despentes flatte notre regard critique sur la société, les rapports homme/femme, les stratégies de libération, avant d’entonner un chant à la gloire de la paternité. Quand un Sarkozy exprime ses doutes sur la langue de bois des politiques et la lourdeur de l’administration française et enchaîne avec son envie de nettoyer les banlieues au kärsher.
Là, nous nous frottons les yeux et hésitons devant l’attitude à adopter : aller vomir dans les toilettes ou jeter nos bouquins de Bourdieu, Barthes, Deleuze et consort au vide-ordure avant de prendre notre carte UMP.
Nouvelle naïveté et connivence : dans cet ordre ou en sens inverse. Connivence : quand Houellebecq affirme que les rapports de séduction actuels ont pris les traits du capitalisme (on ne prête qu’aux riches), quand Sarkozy assène que le christianisme irrigue notre histoire culturelle – Madame Michu doit se dire : putain, il a les couilles de dire tout haut ce que je murmure dans ma cage d’escalier tout bas. Et je suis Mme Michu, tout comme vous.
Quand Klapisch, dans Paris, nous raconte qu’on a beau être un beauf phallocrate, on pleure quand même en pensant à la mort de la femme aimée, qu’on a beau être une salope raciste on sait reconnaître les vrais gens qui travaillent bien, qu’on a beau être un prof d’histoire super trop intelligent, marrant et cultivé, on s’écroule à la mort de son père, Madame Michu applaudit - « ça c’est ben vré, ça ».
On se réjouit d’être à la fois suffisamment futé pour lire les références, le second degré, les citations, allusions, messages, et encore suffisamment «authentique» pour être ému par le bon gros message consensuel sur la vraie vie qui est trop réelle de la mort.
Pour des gens comme moi qui ont été éduqués à se moquer et se méfier du premier degré, c’est compliqué : on jubile et on grince des dents tout à la fois. De même que, lorsque je vais à l’opéra, y a une partie de moi qui se bidonne en entendant le gros ténor suant chanter d’une voix tonitruante « parto, partooooooooo » sans jamais partir, tandis qu’une autre partie de moi sanglote intérieurement comme une madeleine.
Ici même, sur GA, on adore raconter ses petites mesquineries, faillites, fêlures intimes et lâchetés multiples – mais avec esprit : « regardez comme je suis normal » ; « voyez combien je suis un ‘tit minable, mais quand même un minable marrant et digne d’être aimé ».
Connivence et naïveté.
Parfois, on marche.
En voyant Paris, j’ai marché, parce que les énormes ficelles et clins d’œil lourdingues, les symboles à gros godillots volontairement assumés et les messages niaiseux montés en épingle s’accompagnaient d’un art de filmer, d’un jeu d’acteurs et, finalement, d’une sincérité générale plutôt recommandables. Après tout, nous demandons souvent à l’art, au divertissement de flatter nos plus bas instincts afin de les empêcher de s’exprimer ailleurs : que nous soyons capable de sangloter aux violons de Tchaïkovski ou de tabasser des monstres avec Lara Croft ne nous empêche pas de rester fréquentables le reste du temps.
En revanche, quand c’est la politique qui se mêle de jouer les Lara Croft ou les André Rieux, ça me gêne davantage : j’ai beau être issu de la Barthes-génération, j’aime encore à faire la distinction entre le spectacle et la réalité.
Illumination métaphysique
Je me demandais pourquoi on tenait presque toujours sa clope dans la main gauche.
Je crois que j'ai compris !
C'est parce qu'on se branle de la droite - non ?
Enfin, ce que j'en dis....
16/02/2008Nostalgie
Je ne crois pas être particulièrement nostalgique.
Ou peut-être que si ? Tout est une question de degré.
Non, je ne suis pas du genre à penser qu’hier – ni, surtout, avant-hier – était mieux. Mais, oui, il y a des moments passés que je regrette et auxquels je pense.
Oui, j’établis des hiérarchies – je suis nostalgique en ce sens que, parfois, mon passé fait pâlir mon présent.
Depuis toi, je n’ai rien vécu qui vaille.
J’ai relu nos dialogues ici même, nos dialogues d’il y a deux ans.
DEUX ANS.
Bien sûr, c’était une mauvaise idée ; bien sûr, on pourra me taxer de complaisance, de masochisme. Bien sûr, c’est idiot – pourquoi se faire souffrir ainsi ?
Que voulez-vous – parfois, la souffrance c’est aussi du bonheur, c’est quelque chose qu’on a.
Je n’ai rien eu de plus fort, de plus profond, de plus concret depuis deux ans. En deux ans, je n’ai pas avancé, rien appris.
Je ne dis pas ça avec nostalgie car je ne partage pas l’opinion courante selon laquelle nous apprenons et avançons constamment. Il y a tout un tas de choses que nous ne cessons d’apprendre, d’oublier, de ré-apprendre, de retrouver : les temps morts, les temps d’arrêt, les retours en arrière sont nécessaires à notre humanité.
Ce que tu m’as appris, sans doute le savais-je obscurément, très longtemps avant toi, et l’avais-je perdu.
Qu’était-ce ?
Je dirais : la force de la douceur. J’ai appris ou ré-appris à ton contact que la douceur, ton inflexible douceur qui ne t’a pas empêché de partir, qui t’a fait me quitter, était une force à laquelle on pouvait croire. Je l’avais su autrefois, et oublié. Tu m’en as fait souvenir.
Deux ans après, j’espère continuer à m’en souvenir, à y croire.
Je porte toujours un peu de toi en moi, aujourd’hui, même si ce « toi » n’est qu’un « moi » que j’avais trop combattu.
Peut-être les autres ne sont-ils là que pour nous faire incessamment renaître.
15/02/2008
Peut-on draguer son médecin ? Et........ comment ?....
14/02/2008
Coucou !
Hello !
Youyou !
Salut !
Alors, euh... bon... donc : si quelqu'un est en manque de câlin, eh bien, oui, autant le dire....
... on est deux...
Glandu
Aujourd'hui, gagné 200 € en causant 10 minutes (grand max') devant une cinquantaine de personnes. Alors, je chôme jusqu'à lundi, c'est dit...
08/02/2008ça sent le bouc
René Girard, toujours actuel : notre société réactualise le bouc émissaire de la pré-Antiquité.
Jérôme Kerviel, Eric Breteau : autant de « victimes » d’un système qui se dédouane en les condamnant.
L’un comme l’autre, ils ont cru aux règles du jeu : jongler virtuellement avec l’argent (des autres), échanger les enfants (des autres) contre du fric – ça se fait.
Bizarrement, personne ne trouve condamnable que cela se fasse.
De loin en loin, on se contente de lapider un pauvre type qui s’est fait repérer – et puis on continue…
Cette parodie de justice me dégoûte.
03/02/2008GRAND JEU CONCOURS GRATUIT SANS OBLIGATION D'ACHAT !
Pendant dix ans, j’ai constamment pesé 69 kilos.
Soudain, un jour, c’est passé à 70, puis, très vite, 70,5, ensuite 71, 72 – jusque là, ça allait encore, je ne disais rien, ne me rebellais pas.
L’aiguille est restée plus ou moins fixée, bon an mal an, sur 72.
Mais voilà qu’aujourd’hui, la chienne, elle frôle les 73, voire 74 les lendemains de débauche.
Alors là, je dis : HALTE ! je déclawe la guewe….
Bref, vous avez compris…
Alors, je lance un grand défi à nos nutritionnistes et dégourdis de tout crin.
Comment perdre ces deux ou trois inesthétiques kilos en trop, SANS :
- faire plus de sport ni, surtout, courir (beuark, « l’enfer c’est la course », disait Sartre – ah non, c’est pas ça ? Enfin presque…)
- renoncer à l’alcool (notamment au Martini-gin), au Nutella, aux bretzels, au tarama, aux gâteaux, au chocolat, à la confiture le matin, au fromage ni au beurre de cacahuètes ;
- élaborer un régime casse-couilles, genre trois jours de pommes et trois jours de carottes crues ;
- liposucer.
Le vainqueur de ce grand jeu concours gagnera…euh… disons, ma reconnaissance éternelle, ça vous va ?
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