Qui ? Moi, blonde ?
Tout à l’heure, sur un chat gay : un potentiel plan cul de 28 ans, c’est-à-dire passablement plus jeune que moi (oui, bon, ça va, vos gueules), me fait un rentre-dedans d’enfer : que mes photos valent les tableaux de Michel-Ange, ma plastique est digne du David du susdit, ma présentation aussi spirituelle que l’œuvre intégral de Guitry, mon caractère apparemment aussi doux que tous les parfums d’Arabie, ma sensualité plus grande que celle de Messaline, etc, etc.
Vaguement flatté sur les bords, je me laisse embrigader dans une conversation cybernétique à finalité copulatoire, et, lorsque le minet me demande « on peut pas causer deux minutes au tél. ? », contre mon habitude, je lui livre benoîtement mon numéro.
Driiiing, fait aussitôt l’appareil.
- « Allo ? Olivier ?
- Oui, salut Olivier.
[il se trouve que ce jeune-homme vient confirmer ma profonde théorie, selon laquelle 90 % des pédales portent le même prénom que moi. ]
- ça va ? qu’est-ce que tu fais de beau, aujourd’hui ?
- Ben tu vois, je t’attends.
Et patati et patata…
Au bout d’un moment, je m’avise d’un rendez-vous qui va m’obliger à écourter la conversation. Je demande donc à mon interlocuteur :
- Dis-moi, peux-tu me donner ton numéro ? Je te rappelle un peu plus tard.
Et là :
- Bip, bip, biiiiiiip, répond l’appareil.
J’avoue en avoir été fort mortifié. J’imagine que mon timbre de voix et l’urbanité de ma conversation ne cadraient pas avec l’idée de mâle bestial que le garçon s’était faite de moi. Mais les fantasmes ne sont-ils pas faits pour affronter l’épreuve du réel ?
22/04/08 - 00:18
Un pouffion.
ned